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HYPNOSIS

Progres de l'hypnose contemporaine
by Gérard V. Sunnen, MD
Publié dans "L'Hypnose 101 aprés Charcot, Bernheim, Janet et Freud", Actes de la Société Française d'Hypnose, 1990
Révision 2005


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Ce centenaire de l'hypnose se traduit par des avancées inégales dans plusieurs domaines. Sur le plan théorique, de nombreuses questions ayant trait à sa nature même restent en suspens ou, plus précisément, s'enrichissent face à un éventail de découvertes neuro-biologiques et de perspectives philosophiques.

Sur le plan clinique, l'hypnose abandonne ses associations avec le paranormal et se médicalise. Elle développe non seulement une affinité et une intégration avec de nombreux aspects de la pratique psychothérapique, mais se voit adaptée au traitement d'un nombre croissant de problèmes médicaux, tant dans le milieu hospitalier qu'au dispensaire.

Il est courant, en médecine, d'utiliser un médicament efficace sans en connaître son fonctionnement précis, pour ne l'élucider qu'ultérieurement. Le dilemme est semblable pour l'hypnose où nous attendons impatiemment une percée théorique substantielle. Les recherches se poursuivent pour trouver un état de l'organisme qui pourrait caractériser l'hypnose dans ses dimensions psychologiques, psychosensorielles, cognitives et subjectives. Nous invoquons des états modifiés, spéciaux, ou altérés de la conscience, sans clairement savoir comment différencier un état d'un autre, ni pouvoir encore répertorier le spectre de ses états possibles.

A quel moment un "état normal" de conscience devient-il un état modifié? Et quelles sont les modifications apportées à l'état normal de conscience permettant sa transition dans l'état d'hypnose?

Plus fondamental, est le problème de la conscience elle-même, non pas de ses expressions, c'est-à-dire les sensations, la pensée, voire la personnalité et la conscience d'être conscient, mais de sa nature primordiale. Combien plus facile serait-il de comprendre les couleurs des états de conscience si on apprehendait la nature même de sa lumière.

Est-il possible, comme le proclament certains anciens textes mystiques, d'isoler la conscience, de distiller son essence, de l'extraire comme une flamme démunie d'ombres ou de reflets? Ses éléments de base font-ils partie intégrante de la cellule neuronale? Par contre, à partir d'une optique neuropsychologique, la conscience se façonne-t-elle par le biais d'un amalgame dynamique de facultés psychologiques?

Au-delà de la gymnastique sémantique que nous exerçons pour réconcilier esprit et corps, la conscience d'une part et la matière neuronale de l'autre, le problème de l'état de conscience "normal" est tout aussi furtif, vu sa protéiformité. Egalement frustrant, est le fait que nous la possédons tous intégralement, sans vraiment en connaître sa nature définitive.


Pour certains, les phénomènes observables en état d'hypnose peuvent s'expliquer dans leur totalité par l'intermédiere de la suggestibilité, sans avoir à invoquer la notion de la transe proprement dite. Pourtant, l'existence de l'une n'exclut pas l'autre. Le processus de la suggestion peut entraîner des événements intra-psychiques qui, eux, s'accompagnent d'une modification neurophysiologique concomitante.

Il faut toutefois exercer une certaine prudence en invoquant l'importance de la suggestibilité en tant que principe clef de l'hypnose, car elle s'accompagne souvent de connotations légèrement pejoratives, ayant trait aux rapports interpersonnels hypnotiseur-hypnotisé, où le sujet se trouve en position passive face aux messages des suggestions. En outré, à la notion de suggestibilité, on peut préférer celle de l'imagination qui, elle, évoque la possibilité d'une ouverture à la richesse créatrice de l'esprit.

Dans le domaine de l'hypnose, un aspect plus déterminant que celui de la suggestibilité est l'imagerie affective. En fait, les individus démontrant une capacité, par la voie de l'imagerie, de puiser dans leur vaste expérience émotionnelle, sont ceux qui pourront le mieux bénéficier d'une exploration, d'une découverte, et d'une résolution hypnothérapique.

La suggestion thérapeutique, lorsqu'elle est efficace, se propage, sous l'impulsion de l'imagination, au-delà des frontières du langage pour impliquer les courants affectifs, pénétrant ainsi plus directement les interfaces reliant corps et esprit.

Si la transe profonde permet de donner une expression plus libre aux capacités associatives et au potentiel de l'imagerie émotionnelle, elle se caractérise aussi souvent par une altération subjective de l'image de soi psycho-corporelle. Ainsi, l'experience du schéma du corps pourra privilegier les sensations de légèreté, de pesanteur, ou de perception d'une configuration corporelle modifiée . Cet aspect de l'expérience hypnotique, qui manque toujours d'un vocabulaire descriptif précis, représente sûrement une source riche en données capable d'aider à la compréhension de la plasticité de la conscience humaine.

La transe hypnotique est-elle ressentie universellement par tous ceux qui en font l'expérience? Est-elle, dans ce sens, archétypale? Serait-elle universellement vécue, tout en étant individuellement déterminée?
Dans une expérience décrite par Aaronson, cinq sujets amenés dans un état hypnotique comparable d'après une échelle conventionnelle, reçurent la consigne de laisser libre cours au déroulement de leurs expériences personnelles durant une demi-heure. Un sujet s'est endormi; un autre se plonga dans des associations libres accélérées, un troisième eut l'expérience d'images hypnagogiques intenses, tandis que les deux derniers ont rapporté, pour l'un, un dédoublement corps/esprit, et pour l'autre, une perception sensorielle remarquablement amplifiée.

On constate donc que l'état de transe hypnotique est perçu différemment selon l'individu, et que, dans la pratique clinique, malgré la signature individuelle de la transe, le même patient pourra inviter des expériences différentes suivant leur contexte.

Il serait donc peut-être préférable de parler non pas de l'hypnose mais des hypnoses. Toutefois, même si un sujet a une tendance à vivre ses transes hypnotiques d'une manière généralement prévisible, il est possible, par l'intermédiaire de la relation thérapeute-patient, d'encourager certaines de ses qualités pour privilégier son efficacité thérapeutique.

Il paraît donc aujourd'hui établi que le contexte peut influencer l'expression des manifestations subjectives de l'hypnose et que la méthode même d'induction exerce une influence déterminante dans le déroulement de la séance.

Un aspect de l'hypnose qui la différencie des autres états de transe repose sur l'existence, dans son giron même, d'une relation interpersonnelle patient/thérapeute. Cette dernière servira de point d'attache dans l'épanouissement de la transe. Dans le cas où la relation patient/thérapeute est fortement structurée, le lien relationnel aura une fonction sécurisante pour le patient. Par contre, un lien plus relaché favorisera une liberté d'expression de la part du patient apte à ouvrir son champs d'exploration.

A la fin du siècle dernier, lorsque les méthodes d'induction découlaient encore d'une conception donnant à la volonté et à l'énergie biologique de l'hypnotiseur un rôle principal, la transe se manifestait par un summum de passivité, ne permettant ainsi qu'un minimum d'options thérapeutiques. On commandait l'inconscient du patient sans négocier avec lui.

Ainsi est-il propice, en situation clinique, de dialoguer avec le patient, préalablement à l'induction hypnotique, afin de privilégier les conceptions de la transe aptes à encourager le travail thérapeutique. La transe "moderne" aura tendance à laisser au patient une grande latitude dans la direction de son experience.

De plus en plus utilisée en clinique en vue d'encourager la participation active du patient envers son traitement, l'auto-hypnose propose une autonomie plus ample que celle retrouvée dans l'hypnose relationnelle. La direction de l'expérience se fera par l'intermédiaire d'une directive intra-psychique, soit pour renforcer des affirmations thérapeutiques, soit, dans le cas de l'hypnose dite neutre, pour laisser le flux psychique se diriger librement vers des dimensions oniriques propices à solutionner les conflicts ou à encourager la découverte des nouveaux états de relaxation.

Si nous ajoutons à l'hypnose "neutre" un ingrédient, nous arrivons à la méditation. Celui-ci est l'auto-observation focalisée. Lorsque l'attention interne est perspicacement dirigée vers un but déterminé, sa pulsion étend le champ de la conscience pour modifier sa topographie. La méditation clinique trouve des applications dans la régularisation des troubles psychosomatiques tels l'hypertension et certaines affections gastrointestinales et respiratoires.

Quelles sont les propriétés retrouvées dans l'état hypnotique particulièrement bénéfiques en pratique clinique? En tout premier plan, la relaxation. La relaxation hypnotique est un phénomène multidimensionnel qui s'étend bien au-delà du relâchement musculaire. Elle implique non seulement les organes déservis par les ramifications lointaines du système nerveux autonome, mais aussi toutes les manifestations diverses de l'anxiété dans la psyché.

On pourrait qualifier l'hypnose comme l'agent relaxant non pharmacologique le plus puissant qui soit connu. Cette capacité à amener l'organisme à des états de relâchement vraisemblablement sans limites, peut s'appliquer à un grand éventail de troubles somatiques, psychosomatiques ou psychologiques, où l'anxiété retrouve un rôle étiologique ou favorisant.

L'intensification de l'imagerie, la capacité de moduler et de dissocier les sensations (telle la douleur) et les emotions diverses, d'accéder au labyrinthe de la mémoire, et au potentiel créatif de la personnalité, dotent l'hypnose clinique d'une influence synergique dans la pratique psychothérapique contemporaine.

L'hypnose peut également s'adapter au milieu hospitalier. Malgré les technologies de pointe, les mêmes appréhensions existent aujourd'hui qu'autrefois face aux aspects stressants de l'hospitalisation. Le confort psychologique du patient hospitalisé est de toute importance non seulement pour des considérations humanitaires, mais aussi pour des raisons ayant trait à l'influence que peut avoir le psychique sur le processus même de la maladie.

Bronchoscopie sous hypnose

Afin d'illustrer quelques principes relatifs à l'utilisation de l'hypnose dans un contexte hospitalier, je cite le cas d'une patiente âgée de 58 ans, hospitalisée afin de subir une bronchoscopie et une biopsie, suite à la découverte d'une ombre suspecte sur une radioscopie de routine.

Sa famille appela le psychiatre, car le soir avant l'intervention, la patiente se trouvait agitée et anxieuse. Le psychiatre la trouva assise sur son lit essuyant ses larmes. Elle expliqua que le chirurgien lui avait décrit la procédure sommairement. Dans son imagination, elle voyait un énorme tube en acier froid, inséré dans sa gorge, et, elle, dans l'agonie de l'étouffement. En même temps, à un autre niveau de conscience, elle pouvait parler posément de son problème: "Docteur, je me doute bien que j'ai le cancer, ça fait trente ans que je fume. Mais de ce côté-là, je crois pouvoir tenir face".

La procédure lui a été décrite à nouveau, en détail, avec croquis à l'appui: le tube est flexible, et les bronches bien détendues laissent un espace plus qu'adéquat pour assurer le libre passage de l'air. "Ne serait-il pas préférable d'atteindre un état de relaxation profond, lequel assurerait une respiration confortable'?"

Elle accepta l'idée d'un exercice hypnotique avec soulagement. Dans le milieu hospitalier, les inductions se font souvent différemment de celles faites en privé. Tenant compte de l'angoisse fréquente du patient hospitalisé, des inconforts ressentis et de l'environnement mouvementé, l'induction se fait souvent plus directement et rapidement, privilegiant l'usage du toucher thérapeutique.

Au cours de sa transe, le travail hypnotique chercha à la libérer de la tyrannie imposée par son imagination: "Vous sentirez la présence du tube bronchoscopique et son cheminement progressif. En même temps, votre gorge et vos conduits respiratoires se relaxeront automatiquement, comme un réflexe, et vous allez ressentir l'air circuler librement dans vos poumons. Il se pourrait que vous vous trouviez tellement détendue que toute cette expérience puisse vous sembler se passer loin, trés loin de votre corps."

Le lendemain elle subit la bronchoscopie qui s'accomplit en un temps extrêmement court. Le tube s'inséra tellement facilement, et il y eut si peu de réactions bronchiales, que le chirurgien appela le psychiatre pour mieux comprendre les phénomènes impliqués.

Interrogée, la patiente indiqua qu'elle avait été pleinement consciente durant l'intervention, et qu'elle s'était sentie profondément détendue, tout en percevant le tube se propager dans sa poitrine; et, comme si cela avait été un jeu, elle s'imagina que ce tube était un petit train, un jouet cheminant paisiblement dans un tunnel.

L'hypnose, appliquée dans un temps propice, a pu contribuer à une expérience hospitalière positive pour faciliter une acceptation accrue des traitements ultérieurs.

Hypnose et rehabilitation

Un directeur d'une compagnie d'informatique revenait tard chez lui après avoir participé à une séance de basket-ball. L'autoroute était glissante. Ses seuls souvenirs de l'accident furent les gyrophares, la remontée du ravin sur un brancard et la lentissime prise de conscience qu'il ne pouvait remuer ni bras ni jambes. Dans ce cauchemar quadriplégique, il ne pouvait bouger la tête que d'un côté à l'autre.

Une consultation psychiatrique est demandée trois semaines plus tard, durant la réadaptation, car ses progrès se font trop lents. Sa motivation pour les exercices s'émoussait, en tandem avec des troubles du sommeil et de l'appêtit.

Cet homme de 45 ans parlait lucidement de son dilemme et amèrement de son avenir. Il voyait la catastrophe en face, la désintégration de ses visions professionnelles, la fin d'un ménage déjà problématique, une vie peuplée d'aides-soignants. Avec cette perspective en tête, pourquoi faire des efforts?

Une réhabilitation optimale ne se fait pas en imaginant un avenir pessimiste. L'optimisme et son énergie inhérente constituent des ingrédients cruciaux pour son succès.

Il consentit, malgré un certain scepticisme, à un essai d'expérience hypnotique. Les inductions doivent s'adapter aux cas particuliers. Comment guider un patient en état d'hypnose s'il ne peut bouger que la tête? La lévitation du bras est forcément exclue. Un doigt posé au milieu du front, par contre, lui offre un point de focalisation. En synchronisant respiration et compte rythmique, l'état usuel de conscience s'achemine vers un schéma psychique que l'on aura préalablement discuté avec le patient.

Afin d'accélérer la transition vers l'état hypnotique et de faire ressortir les aspects de l'hypnose les plus aptes à s'adjoindre aux efforts physiques propres à la réhabilitation, l'expérience subjective desirée est décrite au patient, a savoir une relaxation progressive corporelle et mentale, une énergie psychique accrue, une intensification de l'imagerie, et une communication directe avec le corps, et avec l'inconscient.

Durant les dix sessions suivantes, l'hypnothérapie toucha aux problèmes principaux de sa vie, dans l'optique de surmonter tout ce qu'il allait affronter. A part les suggestions visant à améliorer son confort général et à encourager son optimisme, le travail se dirigea vers l'extension progressive de son acuité cutanée. Ainsi put-il étendre progressivement les frontières de son territoire sensoriel. Le thérapeute l'aida à moduler, disons même à facçonner sa transe, pour qu'elle puisse devenir porteuse de sentiments de paix interne, de tranquillité, d'acceptation de la situation doublée d'un vif désir d'émancipation.

Dans la dynamique de la transe, les scénarios pessimistes qu'il avait créés ont pu ainsi lâcher prise. Le blocage de son cursus thérapeutique laissa la place à une motivation consistante et à un progrès permettant l'éventuel retour à son domicile.

Hypnose et psychothérapie

L'hypnose au 19ème siècle, dans son enfance clinique, s'efforçait de neutraliser ou même de bannir les symptômes an moyen d'une stratégie de confrontation. Aujourd'hui, ces mêmes symptômes et les résistances qui les sous-tendent, sont appréciés dans le contexte de ce qui a été appelé l'écologie de l'esprit. Dans ce contexte, l'hypnothérapie se fonde sur un ensemble de techniques visant à intégrer les états modifiés de la conscience dans le milieu de la dynamique psychothérapique.

Le cas suivant sert d'illustration à l'une des applications possibles de l'hypnose dans la pratique de la psychothérapie.

Un organiste se présente en consultation pour raison d'états anxieux croissants au cours de ses performances. Depuis 3 mois, sa carrière le conduit à jouer dans une église. Il explique qu'il a subi une poussée d'angoisse au cours d'une pause, alors qu'il contemplait une rosace située dans les niveaux supérieurs de l'église. Depuis lors, son anxiété augmente à chaque performance, et il se trouve désormais quasiment incapable de jouer.

Son tableau clinique ne révéla ni antécédent psychiatrique, ni étiologie organique. C'est lui qui émit en premier l'idée d'utiliser l'hypnose car toute tentative de retrouver une filière dans la genèse de son trouble avait échoué.

Réceptif à une relaxation progressive, il développa rapidement tous les signes d'une transe profonde: visage placide, respiration lente et abdominale, entrecoupée de longs intervalles. En transe profonde le patient a quelquefois l'air d'être suspendu dans le temps.

"Demandons à votre inconscient de bien vouloir nous fournir un rêve, un rêve qui aura trait à votre tension et à votre angoisse, un rêve qui nous l'expliquera ouvertement ou symboliquement. Ce rêve pourrait se produire maintenant ou, si cela est préférable, dans les jours à venir. Dans ce cas, demandons à votre mémoire de le conserver car ce rêve sera important. Gardons le silence pendant cinq minutes, quitte à ce que vous leviez le doigt sitôt votre expérience terminée."

Remarquons la politesse prise pour s'adresser à l'inconscient qui, lui, n'apprécie ni les ordres, ni le manque de choix. Voici son rêve qui dure trois minutes: "J'étais petit, âgé de 6 ou 7 ans et je suis allé visiter une voisine que je ne connaissais pas bien, une vieille dame qui me gâtait. Elle m'a donné un petit gateau puis s'est mise à fredonner une chanson religieuse. J'ai trouvé ça étrange car je savais quelle ne chantait jamais. Sa voix de plus en plus forte fit vibrer le lustre, puis tout le plafond. J'ai bouché mes oreilles et me suis caché sous la table avant de me réveiller".

Par le chemin des associations, il retrouve soudain une expérience refoulée. A 5 ans, sa mere -- la voisine dans le rêve -- l'avait amené à une messe, sûrement, dit-il, une messe funéraire. Il y avait énormement de monde. Il s'accrochait à la main de sa mère afin d'échapper à son sentiment d'étouffement et d'angoisse. Il faisait chaud -- bruyant dans le rêve. Soudain, il éprouve le désir de s'enfuir, tout en étant bloqué. Regardant vers le haut afin d'établir désespérément un contact visuel avec sa mère, il remarque une rosace avant de s'évanouir.

L'induction des rêves, la clarification des conflits, la remémoration du vécu, la maîtrise des situations anxiogènes, la restructuration des attitudes, le façonnement des réponses comportementales, l'entraînement pour affronter des difficultés anticipées, l'ouverture à la créativité porteuse de solutions, représentent des options viables pour l'utilisation de l'hypnose en psychothérapie.

Ces techniques, toutefois, sont loin de s'appliquer universellement à toutes les situations psychothérapiques, mais peuvent être très profitables à certains patients qui manifestent un intérêt, une aptitude, voire un certain plaisir à explorer et à développer les états spéciaux de leur conscience au profit de leur bien-être.

La science de l'hypnose médicale a trouvé son berceau moderne en France. Comme grand nombre de sciences, elle a traversé des cycles d'intérêt vif, alternant avec des périodes apparentes d'oubli. Aujourd'hui, il semble que ces cycles se stabilisent face à la cumulation de données scientifiques attestant à la validité de ses atouts en pratique clinique.

Nous pouvons, à partir de maintenant, nous attendre à une trajectoire constamment ascendante dans l'utilization de l'hypnose dans le giron de la médecine et de ses specialtiés. Aussi, par l'intermediaire de l'étude des états modifiés de conscience rendue possible par l'hypnose expérimentale, pourrons nous explorer une des questions scientifiques les plus brulantes, à savoir la nature même de la conscience humaine.

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